François Gabart, une étoile montanteDans un milieu où l’on a tendance à ériger la patience en vertu cardinale, et estimer qu’il faut avoir fait doublement ses preuves avant de pouvoir accéder à la classe du dessus, la trajectoire de François Gabart interpelle forcément. Pouvoir intégrer le circuit des monocoques IMOCA à bord d’un 60 pieds tout neuf, après seulement trois ans sur le circuit Figaro, peut paraître pour le moins rapide…
Mais, en bon scientifique de formation, François sait bien que son parcours est avant tout le fruit d’une motivation qui s’est construite dans le temps et d’une volonté jamais démentie pour aller au bout de ses projets.
Les yeux grands ouverts Tout commence vers ses sept ans, lors de cette fameuse année sabbatique
où ses parents décident de l’embarquer avec ses deux sœurs pour
bourlinguer sur le Kelt 39 familial autour de l’Atlantique. François y
confirme son amour de la vie en mer, déjà expérimenté lors de croisières
nettement moins ambitieuses. Mais surtout, il se confronte à d’autres
cultures, s’ouvre à d’autres horizons lors de ses escales, aux Canaries,
au Cap-Vert ou sur la côte américaine. De cette année de rupture, il en
retient que le conformisme est souvent l’ennemi d’une certaine liberté
et qu’une forme de ténacité est nécessaire pour satisfaire ses rêves.
Deux projets de vie menés de front Dès lors, François Gabart ne cessera pas de naviguer. D’abord en
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dériveur dont il suivra toute la filière, depuis l’inoxydable Optimist
jusqu’à une préparation olympique en Tornado, l’aristocratie du
catamaran de sport. En 2005, alors qu’il poursuit une formation
d’ingénieur à l’INSA de Lyon, une référence en la matière, il décide que
c’est sur l’eau qu’il exercera son métier. Il continue, malgré tout,
ses études en horaires aménagés et part à la recherche de partenaires
pour entamer sa carrière de navigateur. Les deux premières années sont
une succession de désillusions et de galères, ponctuées d’embarquements
comme équipier modèle… François ne baisse pas les bras, mais ses espoirs
de carrière de coureur au large s’amenuisent.
Dans le grand bainCe sont les filières de promotion qui vont lui mettre le pied à
l’étrier. Il remporte tout d’abord la sélection Espoir Région Bretagne
et dispose ainsi d’un monotype Figaro pour deux ans. D’entrée, il se
fait remarquer par sa manière à la fois mesurée, méthodique de se fixer
des objectifs élevés et de s’y tenir. Pour sa deuxième saison, il
traverse pour la première fois l’Atlantique en course en solitaire et se
classe troisième de la Transat Belle-Île-en-Mer - Marie-Galante. Le
potentiel du jeune navigateur est évident et son immersion au sein du
centre d’entraînement de Port-la-Forêt ne fait que confirmer ce que
certains pressentaient déjà. François Gabart a cette capacité d’allier
une volonté sans faille et une véritable qualité d’écoute. Le talent est
une chose, mais sans un partenaire solide, il peut ne jamais
s’exprimer.
Une rencontre essentielleLa rencontre entre François et le groupe Macif va se révéler
déterminante. Sélectionné dans le cadre de la filière Skipper Macif, il
va se bâtir, pour sa troisième année sur le circuit Figaro, un palmarès
hors norme. Deuxième de la Solitaire du Figaro derrière un Armel Le
Cléac’h en état de grâce, vainqueur de la Cap Istanbul, il termine
logiquement Champion de France de Course au Large en Solitaire. Dans le
même temps, il confie sa volonté de participer au Vendée Globe à
l’équipe de direction du groupe Macif… qui souhaite s’engager encore
plus fortement dans la course au large et plus généralement, dans le
milieu de la mer. En décembre 2010, la décision est prise de construire
un nouveau bateau. Après neuf mois de construction, le monocoque MACIF
navigue. On mesure l’ampleur du pari. C’est la première concrétisation
de ce projet ambitieux et aussi le meilleur moyen de tisser des liens
durables entre un marin et son partenaire.
www.macifcourseaularge.comwww.facebook.com/macifcotemer